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Manon Aubry : Au cœur de l’actualité, la figure de proue de la gauche combative au Parlement européen

Dans le paysage politique français et européen, peu de noms résonnent avec autant de constance et de combativité que celui de Manon Aubry. Co-présidente du groupe de La Gauche (GUE/NGL) au Parlement européen et figure de proue de La France Insoumise (LFI) sur la scène continentale, elle s’est imposée comme une voix incontournable de l’opposition. Réélue en 2024 à la tête de la liste LFI, son mandat actuel, qui court jusqu’en 2029, est déjà marqué par des batailles frontales et des prises de position tranchées qui font l’actualité. De la lutte contre les accords de libre-échange à la justice fiscale, en passant par les crises géopolitiques, Manon Aubry mène ses combats sur tous les fronts. Cet article explore les dossiers chauds et les actions récentes qui définissent son agenda politique en cette fin d’année 2025.

Une rentrée politique offensive : motions de censure et fronts multiples

L’automne 2025 restera comme une période d’intense activité parlementaire pour Manon Aubry. L’actualité récente a été dominée par sa stratégie de la “motion de censure” à l’échelle européenne. Fidèle à sa ligne d’opposition radicale, elle a été à l’initiative d’une motion de censure contre la Commission européenne présidée par Ursula von der Leyen. Le motif principal ? L’avancée de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), un dossier qu’elle combat avec acharnement, mais aussi ce qu’elle dénonce comme une inaction climatique et sociale.

Fait notable, Manon Aubry a dû naviguer dans un jeu politique complexe. Alors qu’elle promouvait sa propre censure, un autre texte a été déposé par l’extrême droite. L’eurodéputée LFI a alors pris la parole pour annoncer son vote contre cette seconde motion, la qualifiant d'”écran de fumée” aux motifs “racistes, complotistes et climato-sceptiques”, démontrant une volonté de ne pas mélanger son combat avec celui de ses adversaires idéologiques.

Ce positionnement à Bruxelles fait écho à sa lecture de la situation politique en France. Suite à la formation du gouvernement de François Bayrou, Manon Aubry n’a pas mâché ses mots, dénonçant une “crise du macronisme” plutôt qu’une simple crise financière. Appelant à une “mobilisation populaire” et soutenant l’idée de blocages, elle maintient une pression constante, liant intrinsèquement son action européenne à l’agenda politique national français.

Au cœur des batailles économiques : la “Taxe Zucman” et la lutte contre les inégalités

Avant d’entrer en politique, Manon Aubry s’est fait connaître en tant que porte-parole de l’ONG Oxfam France, spécialisée dans la lutte contre l’évasion fiscale et les inégalités. Cet ADN militant irrigue aujourd’hui toute son action politique. L’une de ses batailles les plus actuelles concerne la défense de ce qu’il est convenu d’appeler la “taxe Zucman”, du nom de l’économiste Gabriel Zucman, qui propose un impôt mondial sur la fortune des milliardaires.

En septembre 2025, Manon Aubry est montée au créneau dans une tribune pour “sauver la taxe Zucman des coups de ciseaux gouvernementaux”. Elle dénonce ce qu’elle perçoit comme un sabotage de la part de l’exécutif français d’une mesure qui, selon elle, fait l’objet d’un “consensus populaire, politique et scientifique”.

Ce combat n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un programme économique plus large qu’elle défend depuis des années :

  • La taxation des “super-profits” : Une demande récurrente pour mettre à contribution les entreprises ayant bénéficié de manière exceptionnelle des crises récentes.
  • Un Impôt sur la Fortune (ISF) européen : Elle plaide pour une harmonisation fiscale par le haut au sein de l’UE afin de lutter contre le dumping fiscal entre États membres.
  • L’encadrement des salaires : Elle défend régulièrement l’idée de limiter les écarts de salaires au sein d’une même entreprise, souvent sur une échelle de 1 à 20.

Pour Manon Aubry, la justice sociale passe inévitablement par une révolution fiscale, et elle utilise sa tribune européenne pour porter ce message.

Mercosur et commerce international : la nouvelle arène de Manon Aubry

La lutte contre l’accord UE-Mercosur est sans doute le dossier qui illustre le mieux l’évolution de son rôle. Depuis sa réélection en 2024, Manon Aubry a gagné en influence institutionnelle en devenant Première Vice-Présidente de la très stratégique Commission du commerce international (INTA) du Parlement européen. Ce poste lui offre une plateforme de premier plan pour influencer et, surtout, pour s’opposer aux traités de libre-échange que son groupe politique dénonce.

Son opposition au Mercosur est totale. Elle alerte sur un accord qui, selon elle, “sabote notre agriculture, notre santé et l’environnement”. Elle pointe du doigt la concurrence déloyale pour les agriculteurs européens, contraints de respecter des normes environnementales et sociales strictes (comme celles du “Green Deal”) face à des produits importés, notamment la viande bovine, issus de modèles agricoles qu’elle juge destructeurs, notamment en termes de déforestation en Amazonie.

En septembre 2025, elle a cosigné un communiqué de presse au vitriol, accusant la Commission européenne d'”ouvrir la voie à la signature définitive” de cet accord “avec la bénédiction d’Emmanuel Macron”. Sa position est claire : ces accords, négociés à huis clos, sont l’incarnation d’un modèle économique dépassé qui met en péril la souveraineté alimentaire et les objectifs climatiques de l’Union.

Une voix implacable sur la scène internationale : de Gaza à la diplomatie

L’actualité de Manon Aubry ne se limite pas aux questions économiques et commerciales. Elle est également une des voix les plus fortes au Parlement européen sur les questions internationales, et notamment sur le conflit israélo-palestinien. Adoptant une position très critique à l’égard de la politique de l’État d’Israël, elle n’hésite pas à utiliser le terme de “génocide” pour qualifier la situation à Gaza.

En juillet 2025, elle fustigeait “la faillite morale, diplomatique et juridique de l’UE”, accusant les 27 États membres de ne rien faire et de refuser d’appliquer des sanctions économiques. Cette position s’est également manifestée par son soutien actif à sa collègue eurodéputée Rima Hassan, lors de l’interception par l’armée israélienne d’un bateau d’une flottille humanitaire pour Gaza sur lequel celle-ci se trouvait au printemps 2025.

Cette intransigeance sur la scène internationale n’est pas sans créer de remous. En début d’année 2025, Manon Aubry (qui s’est abstenue) et Rima Hassan (qui a voté contre) ont fait l’objet de vives critiques, y compris à gauche, pour leur vote lors d’une résolution appelant à la libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné à Alger. Un épisode qui souligne combien ses prises de position sur la politique étrangère sont souvent clivantes, mais toujours au centre de l’actualité.

Manon Aubry : la stratégie de la rupture permanente

Plus d’un an après sa réélection, Manon Aubry a solidifié sa position de leader de la gauche radicale à Bruxelles. Co-présidente d’un groupe parlementaire, elle allie désormais le travail législatif de fond, notamment au sein de la commission INTA, à une stratégie de communication offensive et une présence médiatique constante. Elle incarne une opposition frontale, sans concession, à la majorité présidentielle française comme à la grande coalition (conservateurs, socialistes et libéraux) qui dirige de fait l’Union européenne.

Qu’il s’agisse de descendre dans l’arène pour une motion de censure, de défendre une fiscalité pour les plus riches ou de porter une voix discordante sur les conflits internationaux, Manon Aubry fait de la rupture son principal moteur politique. Pour ses partisans, elle est une combattante nécessaire contre un système néolibéral et injuste. Pour ses détracteurs, elle représente une ligne populiste et clivante qui empêche les compromis.

Une chose est certaine : en cette fin 2025, Manon Aubry n’est pas une simple députée parmi d’autres. Elle est une actrice centrale de l’actualité, une figure politique qui fixe ses propres thèmes et mène ses propres batailles, s’assurant de rester, pour le meilleur ou pour le pire, au cœur du débat public.

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À propos de l’auteur : Nadim
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